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IL AVAIT FAIT TOUS LES METIERS AVANT DE CHANTER


Papeete.

    — Parce qu'il jouait au golf, qu'il était docteur en ethnologie, qu'il parlait six langues et qu'il était le fils du célèbre cinéaste Jules Dassin, Joe Dassin, chanteur à succès, n'était pas, disent ses biographes, un artiste de variété comme les autres. Sans doute.

    Né un 5 novembre de l'année 1938, à New York, d'un père russe et d'une mère hongroise, Joe Dassin est décédé, hier, dans un restaurant du centre de Papeete, victime d'une crise cardiaque.

    1,85 mètre, yeux bleus, le cheveu savamment négligé, toujours vêtu de clair, Joe Dassin laissera à ses admiratrices et admirateurs l'image d'un play-boy serein. A ses proches, le souvenir d'un aventurier égaré. Il laissera également plusieurs “ tubes ” (“ Les Champs-Elysées ” et “ L'été indien ”, notamment) qui contribuèrent à en faire une vedette à part entière.

    A 11 ans, Joe Dassin et sa famille quittent New York pour l'Europe. Commence alors pour la future idole d'une certaine jeunesse une vaste tournée de plusieurs lycées européens. Rome, Londres, Paris, Savigny-sur-Orge, Genève, Grenoble où il passe ses deux baccalauréats. L'élève Dassin fréquentera dix établissements différents. Il est venu, il a vu, il s'en retourne aux Etats-Unis. A l'université du Michigan, très précisément, pour la seule raison qu'elle est la seule à bien vouloir l'inscrire en milieu d'année.

300 francs en poche

    1955: Joe Dassin a 17 ans et 300 francs en poche. 1,20 mètre de neige encombre les trottoirs de la ville universitaire d'Ann Arbor où il réside. Le moment est venu, estime-t-il, de trouver un “ job ”. Il en fera mille ou presque. D'abord la cuisine dans un “ restau-u ”, trop mal de l'avis des clients. Il passe à la plonge. Parallèlement, il entreprend des éludes de médecine.

    Six mois de plonge lui suffisent. Il devient plombier. Deux mois. Puis chauffeur d'un corbillard “ Dodge ” 1939, bibliothécaire, “ testeur psychologique ”, camionneur.

    Pendant six mois, il fait la navette entre San Francisco et Ann Arbor. Enfin, un boulot qui lui convient...

    “ Un jour, raconte une biographie de C.B.S., “Joe détache la remorque du camion et pousse une pointe jusqu'en Alasca (2 000 kilomètres). Ce “job” est très bien payé, mais le fait d'être quatre jours sur sept sur la route ne favorise pas les études. Et il doit s'arrêter pour passer ses examens.

    “C'est cet été-là qu'il fait le tour des Etats-Unis en autostop. Il parcourt la Virginie, la côte ouest, la Floride, la Nouvelle-Orléans, le Texas, le Nevada, San Francisco, l'Idaho, tous les grands parcs nationaux.”

    L'aventure prend fin.

    C'est le retour à l'université. Mi-plongeur, mi “teaching fellow” (étudiant-enseignant), Joe Dassin, propose au patron d'un café d'étudiants de chanter “du folklore français”.

    Dans sa bouche, cela veut dire du “Brassens”. Affaire conclue pour quelques dollars.

    Dassin chante mieux qu'il ne fait la plonge. Très vite, il attrape le virus. Il deviendra chanteur. La firme C.B.S. lui propose d'enregistrer un 30 cm. Peu à peu, les auditeurs entendent sa voix sur les ondes. Une chanson qui “ marche ”. “ Je change un peu de vent ”, et Dassin, quelques années plus tard, trônera aux premières places de tous les hit-parade.

Comédie musicale

    Trois “Olympia” (1969, 1974, 1977), des dizaines de chansons à succès (“Salut les amoureux”, “Siffler sur la colline”, “Les Dalton”, “Les Champs-Elysées”. “Mélancolie”. “L'été indien”, “Il était une fois nous deux”, “Si tu n'existais pas”, “Le jardin du Luxembourg”. “Les yeux d'Emily”) : Joe Dassin, auteur-compositeur, interprète, entre à grands fracas dans l'histoire des variétés.

    Il y a un mois et demi, alors qu'il venait de fêter ses quinze ans de chansons, Joe Dassin, saisi d'un malaise cardiaque à Los Angeles, s'était vu dans l'obligation d'annuler sa tournée d'été.

    Marié le 14 janvier 1978, père de deux enfants âgés respectivement de 20 et 2 mois, Joe Dassin n'aura pas survécu au malaise qui l'a frappé à la table d'un restaurant du centre de Papeete, où il dînait en famille.

    Il préparait une comédie musicale qu'il devait présenter en France, à la rentrée.

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